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Essais routiers

Infiniti M35 2009

L'alternative Japonaise

Par : Philippe Laguë

Des trois marques de prestige japonaises, Infiniti aura été celle qui aura mis le plus de temps à décoller. Toutefois, depuis quelques années, la division de luxe de Nissan a le momentum. La berline G35 y est pour beaucoup, mais, un cran plus haut, les berlines M35 et M45 ont également fait leur part, car elles constituent une alternative aux BMW Série 5, Audi A6 et Mercedes-Benz Classe E.

Carrosserie

Autant Infiniti s'était plantée avec la première génération, basée sur un modèle vieillissant vendu au Japon (la Nissan Gloria), autant ils ont bien fait leurs devoirs à leur deuxième tentative. La première du nom ressemblait à la plus banale des Chevrolet, garantissant ainsi l'anonymat à son propriétaire. Sans être spectaculaires, les lignes des M35 et M45 font consensus. Ce n'est pas encore la présence d'une allemande, ni la classe d'une Jaguar, mais ça s'en vient.

Habitacle

À l'intérieur des M35 et M45, les matériaux sont d'une qualité nettement supérieure à ce qu'on retrouve à bord des Nissan, et la présentation est cossue, sans être ostentatoire. Les nombreuses heures passées à conduire les M35 et M45 m'ont permis d'apprécier pleinement les sièges, et ce, à l'avant comme à l'arrière. Maintien latéral, soutien lombaire, rembourrage, tout est impeccable. À l'arrière, le dégagement pour la tête et les jambes place cette berline parmi les meilleures de sa catégorie au chapitre de l'habitabilité. Et si le dossier de la banquette arrière ne s'incline pas, on a eu la bonne idée de prévoir une trappe pour les skis. Bien vu. Le seul point noir concerne le ramassis de commandes dans la partie supérieure de la console centrale. On y retrouve, pêle-mêle, la climatisation, le chauffage, le GPS, l'ordinateur de bord, et tout ça est, ma foi, un peu confus.

Mécanique

L'un des points forts de cette berline, c'est son duo de moteurs. Le V6 de 3,5 litres et le V8 de 4,5 litres n'ont rien à envier à ce qui se fait en Allemagne, si ce n'est que le V6 est un soupçon moins onctueux que celui des BMW ou Mercedes-Benz. Quant au V8, puissance et raffinement se marient parfaitement. Ces deux moteurs souffrent d'un dédoublement de personnalité : souples et silencieux, ils se métamorphosent au fur et à mesure qu'on enfonce l'accélérateur. Dans le cas du V8, c'est encore plus flagrant : tant sa sonorité que ses performances font monter l'adrénaline. Attention : la consommation de carburant est directement proportionnelle… Cette paire de moteurs des plus efficaces est secondée par une non moins efficace boîte de vitesses automatique à 5 rapports. Et comme c'est désormais la norme, on peut opter pour un mode manuel ou automatique. Le freinage est un autre point fort : rien à envier aux allemandes, dont c'est l'une des forces.

Comportement

La recette d'une bonne tenue de route comprend trois ingrédients : un châssis bien rigide, des trains roulants bien calibrés et des pneus qui collent au bitume. Les concepteurs des M35 et M45 l'ont bien réussie : pour la première fois, une berline de luxe japonaise peut se permettre de tutoyer les allemandes - encore elles - en matière de comportement routier. Les bruits de roulement sont cependant moins bien filtrés. Bien servie par une direction ferme et précise, elle répond au doigt et à l'œil. Malgré son poids et ses dimensions, elle se défend très bien sur un parcours sinueux. Un périple de 2 000 kilomètres sous la pluie m'a également permis de constater la grande efficacité de la transmission intégrale. Et le confort, dans tout cela ? Disons seulement qu'il est à la hauteur des exigences de la clientèle visée, réputée exigeante.

Conclusion

Depuis des décennies, les allemandes font la pluie et le beau temps dans ce segment. On attendait toujours la berline de luxe japonaise qui pourrait s'en approcher, s'en montrer l'égale même : cet honneur, car c'en est bien un, revient à l'Infiniti M35/M45. Mais surtout, et c'est là qu'elle porte le coup de grâce; non seulement est-elle moins chère, mais elle est plus fiable !

Deuxième avis : Frédéric Masse

Elle n'a pas le design d'une BMW Série 5, ni l'aura de la Mercedes-Benz Classe E, mais l'Infiniti M n'a rien à leur envier. Elle se veut, et de loin, la plus vivante des berlines intermédiaires de luxe japonaises. Sa conduite précise permet de se payer quelques courbes sans craindre les faux-pas. Sa suspension de série est à la fois ferme et confortable, donc bien équilibrée. On choisira la version Sport à moteur V8 pour plus d'action avec sa suspension très ferme, ses pneus de 19 pouces et, surtout, surtout, son moteur vrombissant. Une machine à connaître malgré ses lignes quelque peu anonymes, son insonorisation moyenne et le manque de place pour les grandes personnes à l'arrière. Dans les faits, compte tenu de sa fiabilité reluisante et de l'option de la transmission intégrale, elle est un incontournable dans cette catégorie.